
Haz clic aqui para ver la lista de los textos en castellano
Je rentre en France. Par avion. Pour voir la famille et les amis, aussi pour développer les activités de l'association que nous avons créer en Patagonie pour soutenir la recherche en écologie marine (Doradillo Velas). Après un long silence, voilà donc un texte un peu noir relatant quelques impressions à vif lors de mon long voyage entre Buenos Aires et Paris.
Dans le hall de l'aéroport de Buenos Aires, un jeune garçon gominé suractif, emballé dans des vêtements promotionnels vert fluorescents, propose de sécuriser les bagages. Une fois le voyageur convaincu, ses sacs passent sur une machine circulaire qui les compriment sous 4 couches de film plastique bleu. Dans les grandes allées, plusieurs jeunes femmes en tailleur d'hôtesse de l'air tentent de vendre de l'assistance médicale. En promotion aujourd'hui : couverture gratuite contre les effets secondaires du décalage horaire.
En hauteur, une grande réclame vente les mérites d'une carte de crédit yankee sur fond de voilier et plage de sable blanc: "votre rêve n'a pas de prix, nous l'assurons". Sécurise tes bagages, sécurise ta vie, sécurise jusqu'à tes rêves... Laurent, bon retour au royaume de la peur.
Escale à Atlanta. Etats-Unis d'Amérique.
A la descente de l'avion, on me prend les empreintes et fait le portrait, pour ma sécurité. On m'informe que je ne suis pas autorisé de sortir de la zone de transit ; dans la salle, je suis les panneaux "Exit" et accède à l'aéroport. Je suis donc désormais en territoire etats-unien en toute illégalité sans avoir sauté aucune barrière. J'aime me sentir en sécurité.
L'aéroport est un gigantesque centre commercial où les locaux aiment venir se "divertir" après le travail. Les noirs et les hispanos servent et nettoient, les blancs consomment. J'ai le sentiment de déambuler au coeur d'une fourmilière : des masses humaines suivent des pistes tracées au sol. Personne ne s'arrête, personne ne sourie, tous s'agitent vers un but mystérieux. Je cherche à perturber les flux mais les foules se meuvent différement, s'adaptent.
Mon escursion s'écourte après deux constats un peu expéditifs je l'avoue... Le wagon du train de banlieue compte 15 personnes moi compris : 7 noirs, 4 hispanos, 4 blancs. Parmi ces personnes, 3 portent des cravates, les 3 blancs. Le seul espace vert du centre ville es trouve devant le musée coca-cola.
A mon retour à l'aéroport, il me reste encore deux heures avant le vol vers Paris. Je trouve un banc isolé et tente de faire un petit somme. Je me repose, pense à ce retour étrange en France, à la famille que je vais retrouver et aux amitiés argentines que je laisse, à mon doux Carpe Diem. Et je dors.
Je me réveille en sueur, surpris par les applaudissements de la foule. Je me frotte les yeux pour confirmer le réel. Chaque personne, vendeur, consommateur, blanc, noir, hispano, enfant ou adulte, tous se sont arrêtés. Tous ont suspendu leur quête effrénée. Les assis se sont levés, les coureurs ont stoppés, même les policiers sont figés. Et tous applaudissent sans exception, tous appluadissent dans une grande communion sans faille, à chaudes mains, presque au garde-à-vous et sans sourire.
L'objet de temps d'attention est un régiment de retour du front, avec son lot de chaises roulantes, d'âmes spoliées, de béquilles et de regards vides. Je fais escale dans un pays en guerre.
Le défilé, savamment orchestré, prend fin. Les soldats passés, l'émotion cesse, les foules reprennent leur flux incessant. Me faisant face, un groupe de jeunes engagés gonflent le torse dans leur treillis camouflage tout neuf. Ils ont dans leur sac les beaux habits civils qu'ils ont du quitter après leur passage au troisème étage de l'aéroport. L'étrange troisième étage de l'aéroport d'Atlanta : deux uniques activités, interdites d'accès aux étrangers. Centre d'aide aux personnes sans ressources. Centre de recrutement de l'armée de terre. Une coîncidence.
Commentaires